Ghazal azéri

La capitale d’Azerbaïdjian ressemble à un amphithéâtre
Dans lequel je joue le rôle de ma vie
Assoupie dans un hôtel parisien, je vois
Les navires partir du plus grand port de la mer Caspienne
Ils emportent l’« Azar « le feu sacré »,
Le rouge de la modernité et de la démocratie.

J’ai foulé les plaines vertes de l’Islam,
Les tapis ornés de motifs floraux
Prenaient vie — les liserés de roses
S’élevaient jusqu’au firmament de la nuit
Un ghazal m’est parvenu depuis une forêt ombragée
J’ai cherché dans le ciel brillant
La trace des sourires que j’avais offerts à ton souvenir

Dans mes songes, les hommes font s’enflammer une dune
A « Yanardagh » (la montagne de feu)
Et dans les eaux azerbaïdjanaises, le pétrole me brûle les yeux.
Je porte l’arthalik en ce jour de Novrouz,
Une chemise aux boutons croisés en soie rouge.
Je me prélasse sur la plage d’Abchéron
Un pêcheur aux yeux violets a sorti de l’eau fraîche
Trois voblas qu’il vendra aux Russes cette nuit
Le Guilavar (vent du Sud) ramène des gouttes de regrets sur mes lèvres.

L’arbre de fer pousse sur les montagnes de Talych.
Dans la région de Lenkaran, j’ai perdu un peu de mon souffle
A Neft dachlari, une ville construite au milieu de la mer,
A quelques mètres de cette plage éclairée par les neiges éternelles
D’une montagne gravie par les héros de ce pays,
Les vieilles femmes espionnent les voyageurs par les chebeke,
Ces grilles traditionnelles aux fenêtres,
Qui permettent d’épier discrètement la vie des autres

La capitale d’Azerbaïdjian ressemble à un amphithéâtre
Dans lequel je joue le rôle de ma vie
Icazə verin, sizi valsa dəvət edim
(Je viens vous prier de m’accorder une valse)

Assoupie dans un hôtel parisien, je vois
Les navires partir du plus grand port de la mer Caspienne
Ils emportent l’« Azar » le feu sacré »,
Le goût de réglisse de la liberté, le parfum poussiéreux de l’amour

Et des files d’hommes et de femmes se baignent et me regardent
J’ouvre les yeux sur les lumières de la nuit parisienne
Loin des montagnes de l’Azerbaïdjan, ma vie s’étiole
Elle est ce fil passé au rouet, qui finit par se briser
A force d’être remis sur l’ouvrage, alors mon courage
Renaît lorsqu’en fermant les yeux je parcours les terres azéries
A la recherche des roses les plus parfumées, à la recherche
Du ghazal qui brisera mon cœur

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