La cloche

Un oiseau a traversé la fenêtre,
Les barreaux de ma prison l’ont laissé passer.
Au loin, on voyait les traces des usines déchirer le velours du ciel
Je me suis assis, quelqu’un passait l’aspirateur dans le couloir qui menait à la mort
J’ai réfléchi longtemps à ton visage,
Ma tête saignait, quelqu’un avait du me battre longtemps
L’oiseau s’est posé sur une photographie déchirée
Des gouttes de sang tombaient d’une canalisation
La pièce était mal éclairée, on entendait le grondement de l’eau
J’ai attendu dans un silence d’inespérance
Que l’oiseau achève de déchiqueter ma photographie
La nuit était perforée d’un rouge pâle
Et j’ai prié que tu te souviennes de moi,
En marchant le long d’une rivière brillante,
Tandis que les branches des arbres dessinent dans le paysage
De sombres présages ;
En parcourant les vallées, les prairies luxuriantes de lumière,
J’ai prié pour que mon visage
Dans un coin de ton âme, soit comme une cloche
Qui tinterait à chaque fois que tu penses à l’or du soir
Et, loin des océans qui nous submergent,
J’ai prié pour que dans ton sommeil au-delà de l’amour
Ta main froisse le papier des rêves pâles
Et que tu te souviennes enfin, qu’au bout de la nuit,
Quelqu’un t’attendait et t’as tendu la main.

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