Corée du Nord


Tu vois ce point rose à l’horizon
C’est la RPDC, (République populaire démocratique de Corée )
N’emprunte pas ce pont sur la rivière Yalu
Il a été détruit par les Américains il y a cinquante ans
Il surveille les agissements des hommes
Des deux côtés de la rivière.
Viens, empruntons l’autre pont parallèle,
Il nous mènera de Chine en Corée du Nord.

Et la nuit s’approche comme un animal blessé,
La statue de Kim II Sung
Attire la lumière des étoiles
Proclamé président éternel
Il vient d’une famille protestante
Son cri « Songun » l’armée d’abord
Résonne encore dans les parcs de Corée du Nord.

Des points noirs dans le ciel étoilé
Les travailleurs s’expriment avec leur sueur
Leurs pensées sont des fleurs fanées
Tu vois un peu plus loin sur la rivière,
L’USS Pueblo qui fut capturé en 1968
Aujourd’hui il hante la rivière Daedong
A la merci des touristes nord-coréens
Et narre une légende de pouvoir.

Ecoutons ce que la rivière a à nous dire :
Les âmes des opposants politiques
Ont rejoint la mer des assassinats
Combien furent immergées dans l’eau froide 
Devant l’œil impuissant du cerf du lac Baïkal ?
En 50 ans des centaines de milliers de voix
Ont été réduite à un silence océanique.

Et la mer du Japon à l’est du soleil
Asperge de son haleine maritime
Les corps brûlés au fer du pouvoir
Dispersons la cendre des héros
Juchés sur le mont Paektu (Baekdusan)
Elles saupoudrerons le lac de la caldeira
Ah si Baekdusan (littéralement la montagne au sommet blanc) pouvait nous donner du courage,
Nous nous baignerions dans le lac du paradis
En préparant la prochaine révolte.

Et sous l’œil amusé de la panthère des neiges,
Du genévrier et des mélèzes bleu foncés,
Nous piétinerions la stèle de Kim II-sung
Sur la montagne sacrée de la révolution
Puis nous suivrions la trace de la musaraigne de Sibérie
Qui se glisse jusqu’au cœur des cités polluées
Et nous rentrerions préparer le thé noir
En pensant à demain qui nous glisse entre les doigts
Comme un manteau de zibeline.

Pyongyang (littéralement : la ville calme) s’endort
Le bruit d’un tambour militaire au loin
Résonne encore dans mes oreilles, j’ai pleuré un peu
Puis je suis sorti disparaître dans la nuit coréenne
Les monuments à la gloire de nos tyrans
Illuminaient les trottoirs désertés.
Je vais quitter cette ville comme un fantôme.

J’irai dans les montagne au nord-est
Exploiter l’or et le charbon de mes bras nus
Et quand j’aurais assez de pépites froides,
Je chargerai mon sac à dos
Je traverserai la ville comme une comète,
Pour quitter ce monde irrespirable
Je cueillerai une fleur bleue sur la colline
Et disperserai ses pétales
Pour qu’ils m’indiquent le chemin vers la liberté.

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