L’oiseau rouge (Pachto + Dari + Français)

(Pachto)

« (yawazi mee pregda!) یوازی می پریښده (laisse-moi seule) ! »
« Non ! Je suis désolé mais Kaboul s’enlise dans les sables de l’enfer
Je ne peux pas t’abandonner à l’oeil lugubre du démon,
خوښېنه یم chwaschina em (je suis désolé) de mes mensonges

Je voudrais simplement que ton sourire s’envole comme les braises
Si tu as encore de l’amour pour moi,
مهربانی وکړه دا ولیکه (mehrabani wokra da wolika) (s’il te plait note le quelque part)
Sur une feuille de papier de cigarette ou à même le sol

(Dari)

Partons dans un autre pays
La route sera اید schajad (peut-être) notre dernier asile,
Le ciel nous montre la voie, lui qui soupire infiniment
Au-dessus de nos morales humaines

Tes cheveux sentent le yaasaman یاسمن (jasmin)
Je vais respirer ton souffle jusqu’à en devenir fou
Je n’ai plus d’argent, je n’ai plus de vin
Et Kaboul s’illumine sous les combats

(Pachto)

یوه ژبه هیڅ کله بس نده (une langue ne suffit pas)
Je vais tracer nos noms en pashto et en dari sur les murs
Les ombres défilent, j’ai cru voir passer l’éclat d’une kalache.
Dans la nuit de sang, l’oiseau rouge a traversé Kaboul.

Tu vois ce sanema – سینما (cinéma) sous les décombres
Je crois que le fantôme d’un vieil acteur nous invite à le rejoindre
Et la baran – باران (pluie) de ses mots tombe sur l’écran de cinéma
Le temps est weraz – وریځ (nuageux) l’oiseau rouge nous surveille

(Dari)

Suis-moi dans le jardin de l’empereur Babur,
Prends ma main dans le le Bâgh-e Wafâ (« le jardin de la fidélité »)
Laisse ton shaal شال (châle) envelopper le vol de l’oiseau rouge
Il te le rapportera serti de motifs magique

Les fantômes de vieilles femmes
Tombées sous les bombes pendant qu’elles prenaient le thé
Rient et nous invitent à converser avec elles,
Mon amour prends ma main allons-nous en.

(Pachto)

J’ai demandé ta main à un pewleys – پوليس (policier)
Son visage était maculé de poussière, son regard
S’ombrait de passé. J’ai pressé sa main dans la mienne.
Dans Kaboul alors que les noms deviennent des tombes

زه ستا سره مينه کوم (za la ta sara meena kawom) (Je t’aime)
Mais les Talibans ont pris d’assaut la nuit interminable
Referme ta main sur la lumière d’une étoile !
Elle te protégera du destin

(Dari)
Tu vois, cette sitara ستاره (étoile) s’est mise à briller, non ce n’est pas un avion de guerre
Tes cils se sont fermés d’épuisement.
Pardonne-moi mes mensonges,
Viens, il faut continuer d’avancer

Traverser les décombres, le ciel sans Dieux,
Oublier nos souvenirs,
(Man nami dâtam) من نمی دانم (Je ne sais pas où nous serons demain)
Un jour nous reviendrons danser comme des fous dans les jardins de Kaboul.

(Pachto)

(marasta!) مرسته ( à l’aide !)
زه ستا سره مينه کوم (za la ta sara meena kawom) Je t’aime
Mais les Talibans ont pris d’assaut la nuit interminable
« (yawazi mee pregda!) یوازی می پریښده (laisse-moi seule) ! »

Jamais ! Referme ta main sur la lumière d’une étoile
Elle te protégera du destin
Viens danser dans le seul bar encore ouvert cette nuit
La rivière de la ville est une piste de danse, les néons sont accrochés aux mausolées



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