Bangladesh légende

Le jatra (opéra de village) raconte l’histoire d’un fantôme
Tombé amoureux d’une légende, d’un ange
Qui descendit sur terre pour changer la fin de l’histoire
Ami rentre dans ce razbari (palais) de poésie

Oui, rentre, le ciel est bleu orageux
Mais que fait cet homme en lungi blanc
Assis sous l’orage, que fait-il ?
Une rangée de soldats est passée — et ce fantôme assis ici

La lune rouge sait que je l’aime
Un chandabaji (criminal récidiviste) m’a arraché mon cœur
Je l’ai retrouvé dans une poubelle
Quelques heures plus tard

Tu n’as jamais su que je t’aimais
Je suis partie nager dans la rivière
Oublier le chant de l’oiseau doyel
Le ciel se gonfle d’orgueil

Les alpana (décorations du sol) devant la maison
Ont accueilli mon pas léger
Quand je suis rentrée d’une longue brasse
Dans les flots tumultueux de l’enfer

J’attends le fantôme dans la maison du baul
Mes cheveux détachés flottent dans le vent
Le soleil est un enfant, il a m’a fait sourire
Et mes larmes coulent depuis son départ

Ami goûte de ce plat tarkari (plat épicé)
Je pars je quitte ce ciel mishti (sucrerie)
Les yeux de roshogolla (balles cuites dans du lait caillé) des enfants
Joy Bangla (victoire au Bengale) le ciel est serein,

Le jatra (opéra de village) raconte l’histoire d’un fantôme
Tombé amoureux d’un ange ; leur légende,
Lui qui descendit sur terre pour changer la fin de l’histoire
Depuis ce jour-là il me cherche

Dans les hartal (grèves) étudiantes
A la cime des arbres immenses, dans les roses et le ciment,
Au-milieu des champs de canne, sous le soleil d’août
Il a murmuré ton nom aux nuages gris

Didi (grande-sœur) fais entrer l’ange dans le patio
Que je lui donne un peu de keshari (fruit du jacquier)
Moi qui suis le fantôme d’une birongona (héroïne de guerre)
L’amour m’a retrouvée dans les plis du vent du Bangladesh

Sous la lourde cape du crépuscule
Le regard noir d’un spectre amoureux
Et les herbes folles s’envolent jusqu’aux nuages
Le thana (poste de police) est désert,

Zindabad ! (Longue vie) aux passions impossibles
Zindabad ! Longue vie au temps qui passe,
Longue vie aux nuages fugaces
Ce soir la légende hante le shohid minar (le mémorial des martyrs)

Un loshkor (marin) a ramené la barque de mes songes à terre
L’averse épongeait la chaleur d’août
J’ai serré une main spectrale sur mon cœur
Tu as disparu le temps d’une chanson baul

Les mastan (gangster) m’ont cherchée longtemps
En vain — je regardais le ciel immense
Mon guide spirituel avait disparu dans la nuit
Ce soir la légende hante le shohid minar (le mémorial des martyrs)

Entrez dans ce razbari (palais) de poésie
Je vais vous raconter la légende d’un fantôme et d’un ange
Du rêve qu’ils firent chaque nuit d’août
Pendant le pohela boishakh (Nouvel an bengali)

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