Dieu et moi

Le ciel est éventré, un liquide spectral s’en dégage
Mes sandales soulèvent la poussière des bombes
J’ai mal aux jambes, j’ai piétiné la nuit, les âges
Le vent me rapportait les nouvelles des tombes

Une église se dresse, comme un poing américain
Les fidèles sont des mouches attirées par le ciel
La porte est grand ouverte, le vent rugit en vain
Les nuages rouges vomissent une avalanche de fiel

Il est entré sans un bruit, il se tient prostré
Près de l’autel et sa tête repose dans ses mains sales
Le Diable muet écoute l’orgue le supplier
Il jouit de chaque chaise vide, chaque silence sépulcral

Les fidèles ont quitté Dieu pour rejoindre les berges
D’une rivière tourmentée, et se baignent dans un Temps
Déserté par les anges, dans lequel noircissent le cierges
Le soleil n’y peut rien, lui qui ne brûle qu’un instant

Le ciel est éventré, un parfum profane s’en dégage
Mes sandales ont arpenté le béton des grandes capitales
J’ai caressé la joue de croyants et de sages
Mais où était Dieu, où était son fils? La nef râle

Agonie blanche, secondes passées les yeux dans les yeux
Avec un ange tombé en poussière, passion d’un Christ amer
Livres égratignés à la sueur de l’Histoire — ce Dieu
Infernal qui souffle dans les églises et éteint les lumières

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