Le fantôme de l’officier


Un cure-dent dans la bouche, je marche
Les battements du vent sur mes tempes
Le sommeil presse mes pas hâtés
Le ciel fume le cigare et sent la sueur


Violence d’une nuit assommante
J’aimerais avoir abattu ton souvenir sur-le-champ
Une poubelle frémit sous le vent
Les ivrognes dansent comme des fantômes

Autour des tours éclairées à l’ambition
L’avenir se mêle aux larmes du soleil
Un homicide a été déclaré au commissariat
C’est une femme qui a tué son amant

Je fraye avec mes souvenirs de toi
Fais-moi un clin d’œil depuis ta tour d’ivoire,
La lumière explose dans l’orbite de mes yeux
Et ton absence catapulte la douleur dans ma poitrine

Je suis le bouc émissaire de l’amour
Dans ce méli-mélo de passion triste
Les minutes se déchainent, je traverse la ville
Un joueur de football me vend du rêve

A travers un poste de télévision brisé
Ton rire s’est accroché à l’envers de ma conscience
Ton prénom ensemence le terrain-vague de ma vie
Je pue l’alcool et la désillusion

L’amour est un écheveau de brutalité
Un baptême sanglant, une banalité,
Une brûlure au deuxième degré
Et je file droit sous la pluie, sonné

Le fantôme d’un officier
M’a tendu une photographie
C’est ton visage, tu lui ressembles
J’ai pris l’image dans mes mains sales

Les services de police
Chercheront longtemps ma dépouille
Je suis caché dans un nuage blanc
Dans le vin du temps qui passe

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