Mishaq / Le jeu (hébreu et français)

J’ai perdu le shèinah (sommeil) par amour pour un souvenir
J’aspire à retrouver le bonheur dans la shalvah (sérénité) de ce poème
J’ai joué aux échecs avec le destin, le sahqan(joueur) le plus beau de ce quartier,
Tzohorayim (minuit) déjà le soleil sonne à ma porte

Empêche-moi de devenir ‘ivèr (aveugle) à la beauté du monde
Mon cœur est comprimé dans ma poitrine comme une balle dans une kalache
J’ai perdu ma sibah (raison) en nageant dans un lac sababah (merveilleux)
Nosè’a (voyageur) je veux devenir l’ombre de ton sourire

J’irai au prochain mitzpor (poste d’observation des oiseaux) je m’envolerai
La poésie ne peut plus éteindre le feu qui s’est mis à brûler mon corps
Lance moi un dernier regard depuis ton mirpèsèt (balcon), Voyageur
Le mishpat (jugement) de la nuit et des étoiles va me terrasser ce soir

Mon front est en sueur ce mishaq (jeu) m’a rendu démente,
Tu as un sourire nèhèdar (magnifique), Voyageur, je ne l’oublierai pas
Je pars me damner dans les dunes de Mitzrayim (Egypte) aux sources de la magie noire
Je vais changer de peau, changer de visage, verser mon sang dans le sable brûlant

Je reparaitrai sous l’apparence d’un spectre dans son mè’il (manteau) de pureté et de lumière
Et je t’envelopperai la nuit quand tu fermeras les yeux, mèfatèh (séduit) par mon éclat
Je serai enfin tienne dans ce berceau de lumière, chaque nuit, malakh (mon ange)
L’aube poindra, je repartirai dans les dunes me fondre dans le sable

Je crierai ma douleur à ton adresse, toi ma seule mouzah (muse), mais tu seras parti
Mon lèv (cœur) s’est recroquevillé, il est devenu translucide,
Le soir soulève ma robe lèvanah (blanche) 
Bois la liqèr (liqueur) de la lune que je suis devenue Voyageur, je repartirai au petit matin

J’ai vendu mon kavod (honneur) je suis revenue te hanter. 
Yéroushalayim (Jérusalem) me plaint
Mon manteau de lumière sur le dos, je me suis agenouillée près de ton bras.
Il reposait sur le lit

Enfin les hosèkh (ténèbres) me permettent de te regarder. 
L’hom (la fièvre) me fait trembler
Je suis un fantôme holah (malade) d’aimer une âme endormie
Tzohorayim (minuit) déjà le soleil sonne à ma porte

J’ai pleuré plus que d’habitude cette nuit mais j’ai dû me résoudre à abandonner la terre
Tu es hofshi (libre) mon amour, je te rend ta liberté,
Que l’horèf (hiver) emporte ton beau visage
Quand à moi je redeviens poussière.

Un heikhal (palais) de sable accueillera mon corps.
Une tornade approche. Je vais tenter de m’y fondre.
J’ai joué aux échecs avec le destin, le sahqan(joueur) le plus beau de ce quartier,
J’aspire à retrouver le bonheur dans la shalvah (sérénité) de ce poème

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