La flamme de Dublin

Navette Airlink 747 en provenance de Paris
Dublin s’étire comme un chien pouilleux
Ton reflet ondoie sur chacun de ces nuages
Un mur de vapeur au-dessus de nos cous sales

Un stop à O’Connell Street
Je descends devant la cathédrale Christ Church
Les passants me bousculent
Mon café se renverse sur l’asphalte sombre

Rejoins-moi sur les bords de la Liffey
Allons allumer chaque nuage gris-vert
De nos doigts imprégnés de magie noire
Allumons la nuit de nos doigts fins

Le long des Docks et du Grand Canal
Je mâchonne une paille en plastique
Le sol est jonché de cadavres
De bouteilles vertes et or

Rejoins-moi dans un théâtre fermé
Nous allons faire hurler de joie la ville
Ranimons la flamme dans les yeux des acteurs
De la ville de Dublin

Dun Laoghaire le village près de la mer
Accueillera nos cœurs assoiffés
Désaltérons nous avec l’écume
Etanchons notre passion au feu de l’océan

Merrion square, un clochard attend la pluie
Baigné dans le plein soleil d’août
Les cathédrales font de l’ombre au bonheur
Allons prier avant de vendre nos âmes

La capitale de la République d’Irlande
Nous tend des bras de papier
Et un brasier à ciel ouvert
Nos larmes s’assèchent sur les pavés

J’ai passé la nuit à détacher
Les chaines d’un fantôme du Trinity College
Il m’a offert une rose de souffre
Pour me remercier de l’avoir délivré

Et ses cris résonnent encore
Jusque dans la Bank of Ireland
Les liasses de billets tressautent
Au son de ce vacarme onirique

La chambre des lords est déserte
Viens ! Allons en recueillir la poussière d’or
Prenons possession du décor
Accaparons le siège d’un député pour cette nuit

Le président de la séance
Ne nous en tiendra pas rigueur
Il git dans les bras d’une femme de la nuit
A moitié endormi loin de la politique

La bataille de la Boyne
Et le siège de Londonderry
Ont emporté la dernière gloire politique
Et la cité sombre dans la poussière

Je me suis fait une couronne de trèfles
Et j’ai bu toute l’eau de la Liffey
Que mon cœur pouvait contenir ;
Voyageur j’ai respiré ton souvenir

La ville nous berce dans ses bras ensoleillés
Viens jouer avec moi au cricket
Cours plus vite si ton cœur le peut
Mes jambes supportent la vitesse

Le Taoiseach (premier ministre) a de beaux cils
Allons lui faire promettre de revenir
Hanter les government building la nuit
Partageons un kir champagne avec elle

L’Olympia theatre se bande les yeux
Et espère survivre aux incendie
Que les acteurs ont allumés
Dans leurs monologues incendiaires

Les insurgés du City Hall
Contrôlent les accès à Dublin
Et hantent les méandres de l’Histoire
Entendez-vous résonner leurs cris

La capitale de la République d’Irlande
Nous tend des bras de papier
Et un brasier à ciel ouvert
Nos larmes s’assèchent sur les pavés

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