La montagne de l’âme

Aujourd’hui mon encre est sèche
Les oiseaux se sont tus, le vent ne souffle plus
Le soleil a brûlé la nuit, elle est partie en lambeaux
Penseras-tu à moi ? Je pars sur la montagne.
Penseras-tu à moi quand je contemplerai
Parvenu au sommet des nuages roses,
Nos villes s’étaler dans une sombreur pale ?
L’amour est une mer de songes mais
Comment survivre sans
Comment ne pas se blesser en cueillant les mûres
Dont le jus donne envie de vivre, dis-moi comment ?

Je suis partie ce matin, sans rien, en emportant le vent,
J’ai traversé la ville, la ZAD, la forêt, les vallées,
Ton sourire m’a ébloui chaque fois que j’ai croisé un homme,
Dieu que la montagne était belle. Elle m’est apparue soudain ;
Elle toisait le ciel immobile comme une danseuse hautaine.

J’ai serré ma main contre ma poitrine
J’ai eu mal. Un oiseau (ou était-ce la peur ?) a frôlé mon visage ;
J’ai emprunté les sentiers escarpés, je me suis perdue cent fois
Et c’est assoiffée, désespérée, c’est là,
Que le monstre de glace s’est dressé devant mes yeux sombres
Comme un ange déchu attendant son heure
Les mains dans la neige fondue, j’ai mâché quelques herbes,
Puis je me suis allongée sur un parterre de mousses,

Le vent caressait mon visage comme une amie sincère,
Mes yeux se sont fermés, j’ai revu ton sourire,
Tu n’as jamais su où je suis partie,
L’avalanche a recouvert mon corps brûlant,
Tu n’as jamais su qui a déposé devant ta porte close
Ce million de vers, qui t’étaient destinés,
Considère que c’est le vent, qui t’en a fait cadeau.
Je n’ai jamais su s’il était mon ami
Ou s’il se riait de mon coeur malléable

Prends ces vers, si un jour toi aussi
Par amour tu prends la même route que moi
Jusque dans la montagne de l’âme,
Pour une femme plus belle, une amante moins vaine
Ces mots seront les flammes qui te maintiendront en vie
Qu’ils éclairent ton chemin
Et que la lune impuissante
Sur son perchoir de fer forgé,
Observe ton trajet
Et parvenu au sommet
Que tu recouvre ton sourire disparu
Que ton coeur se réchauffe

En voyant notre ville illuminée en contrebas
Les nuages te frôleront dans un ballet onirique
Les fleurs ouvriront leurs corolles et les mousses te caresseront
Alors tu te rendras compte que la vie était velle
Et sans savoir comment tu es resté en vie,
Tu referas le trajet jusqu’à notre quartier, oui,
Oui, la montagne était belle ;
Mais elle n’était qu’un songe impatient,
Enfuis-toi loin du danger de sa compagnie
Viens prendre l’aube dans tes paumes lumineuses

Et un jour, embrassant celle que tu épouseras,
Tu contempleras les sommets enneigés
Du toit de ta terrasse ;
Alors penses à moi disparue par un matin d’hiver,
Qui fut ton amie et qui t’aime toujours
Mes cendres se sont mélangées à la neige éternelle
Et cela fait longtemps que je te surveille,
Depuis le coeur des fleurs glacées de la montagne de l’âme

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s