Duna vize / The water of the Danube (Hongrois / Français)

Szia ! (Salut) Voyageur.
J’ai pris le train jusqu’à la gare de l’Ouest de Budapest pour fuir ce sentiment étrange
2h de paysages qui se mélangeait à une pluie dorée
Il y avait une équipe de joueurs de football dans le wagon-bar
Le capitaine m’a offert un verre de konyak (cognac) ; la pluie battait comme un cœur sur les vitres
La musique Béla Bartók me faisait, mal, car je partais loin de l’homme que j’aime
Mes yeux sont rouges comme des yeux de démon et les vitres dégoulinent
Mon rúzs (rouge à lèvres) essuyé sur une serviette de papier, j’ai regardé le nuit tombée, j’ai tiré le rideau
J’ai bu un Tokaj bora (vin du Tokaj), j’étais saoule, les nuages m’ont parlé
Le train a fini par me déposer, et j’ai erré jusqu’au matin
Plongeant le souvenir de ton visage dans a Duna vize (l’eau du Danube)
Mon amour, Várlak titeket (je vous attend) sur les rives désanchantées du fleuve
Szeretlek (je t’aime), ma montre est tombée dans les flots, et j’ai continué ma route
Sless ! (dépêche-toi) de me rejoindre, le soleil déjà noie ma conscience
Voyageur, vigyázz (attention), Budapest regorge de ruelles mal famées
Un fantôme a pris ma main pour me conduire jusqu’à ton sourire,
Du sang tâchait son voile translucide, il m’a emmenée jusqu’à un hotel
J’ai fermé le lakat (loquet) je me suis déshabillée et étendue sur le lit
Viens me fermer les yeux avant que la lumière de la lune n’efface mon ombre
Ce poème est le rêve d’un nyelvész (linguiste) amoureux de sa langue
La passion est un tilos az ájárás, une voie sans issue
J’ai cherché la sortie de ce labyrinthe, tes yeux dans un coin de ma conscience,
Mon amour, hány óra van ? (Quelle heure est-il ?) Le temps m’est devenu étranger
Fáj a gyomrom (j’ai mal au cœur) embrasse moi avant que je ne tombe
Je m’enfuis dans la montagne, un bükk (hêtre) me suis du regard
L’amour est le takács (tisserand) des flammes de ce poème
J’emporte un tarhonya (spécialité locale) mais la faim m’a quittée
Un peu de pálinka (eau de vie) à partager avec la nuit et les nuages moqueurs
Le vent passe un hanglemez (disque) lancinant je crois qu’il comprend ma douleur
La vie est un mozi (cinéma) de pierre, forgé par l’eau de nos destins
Je suis une eladólány (esclave), mon vevő (acheteur) veut me voir plonger dans le Danube
La Bazilika est éclairée, ma la nuit s’engouffre et éteint les cierges
Et nos promesses d’hier, comme si c’étaient des flammes minces
Drágám (mon amour), álmos vagyok (j’ai sommeil), étends-moi sur la terre humide
J’ai de la láz (fièvre) je ne trouve pas d’orvosság au feu de la littérature
Je me rends au rendőrség (commissariat de police) pour qu’ils m’arrachent le cœur
Je quitte Budapest, Voyageur attends-moi à la Gare du Nord.

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