Le garde du corps / Bodyguard

J’assure la sécurité du Président
Agent de protection rapprochée

Vous ne me croiserez pas dans la rue,
Je suis le maître des illusions

Les rires de fantômes de mon passé
Je suis sous Adderall et anticonvulsifs
Je crois que j’ai une fille elle aura trois ans
Sa mère l’a emmenée vivre à Séoul

L’an passé j’ai porté une diva dans mes bras
Elle s’était tordu la cheville en me giflant
Son rouge à lèvre est la croix que je porte
Je l’ai laissée partir, elle était d’un autre temps

J’assure la sécurité du Président
Dans ma mallette en cuir matelassée
Je garde mes plaques anti pare-balles
Et un revolver gravé de mes initiales au manche

J’ai fait mes armes au SDLP* (*service de la protection de la police française)
J’aurais pu être un poète, j’aurais pu être heureux
Mais le sang a criblé d’ombres les pages de ma vie
J’aurais pu être heureux dans une réalité inversée —

Mais le vent ce soir me ramène à la réalité
Des gouttes sur le visages, sur les lèvres
Les caméras crépitent sur le corps du Président
Mon ombre essuie ses pas. Je suis l’éclipse de sa gaité

Dans mes oreillettes une information
Je fais volte-face, quelques secondes, n’est-ce pas ?
Le Président me regarde, je suis à terre
Il y a un tireur embusqué dans l’immeuble

Il a pris ma main calleuse dans la sienne
Les flashs crépitent sur moi comme des anges
C’est la première fois que je vois tant d’amour
C’est la première fois que je ferme les yeux

J’aurais pu tomber amoureux d’une femme n’est-ce pas
Et ma ville, si j’avais pu revoir son visage ?
Amis voyageurs, qui souhaitez assassiner l’ennui
Dans vos cités d’argile balayées par la poussière

J’ai vu trembler le sourire de cent politiciens
Quand ils passaient sous les ponts de cette ville
J’ai tenu leur main – comme une vieille femme muette
J’aurais pu être heureux — mais il fallait que d’autres le soient

Dans vos tours de bétons, obsédés par l’espoir du lendemain,
Tendez-moi votre dernier songe, votre dernier rêve ce soir
Je m’en vais naviguer sur les flots les plus sombres
J’ai pris une balle dans ce bateau criminel

Voyageurs aux sourires furtifs, amoureux vains,
Pensez que la vie passe vite, quoiqu’en disent les gens heureux
Quoi qu’en disent les femmes quand elles veulent vous séduire
La vie est un mirage, hâtez-vous de vous consumer

Et si vous entendez au détour de ces mots une détonation – c’est mon cœur qui explose
Empoignez la chance que vous avez comme un colt 45
Courez sous la pluie rejoindre la personne qui vous aime,
Faites mentir la nuit, faites mentir cette page

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