The sources of Nile

– Savez‐vous ce qu’un chien regarde en premier chez un homme qu’il rencontre pour la première fois, William?
– Les mollets, Monsieur?
– Les yeux. Les chiens réagiront en fonction de votre regard, agressivement ou en agitant leur panache. Ça dépend de vos jolis yeux, William. Les hommes eux n’ont pas cette prudence quand ils rencontrent une femme pour la première fois. C’est fort dommage.
– Il n’y a pas de femme à des kilomètres ici, Monsieur.
– Je sais, William. Les deux hommes étaient perdus. Il n’y avait plus d’expédition, plus d’Angleterre, leur Angleterre s’était dissoute dans leur dernière ration de pain.
– Tu sais toujours pourquoi on est là? demanda Henry Stanley au jeune homme en ralentissant pour se retrouver à sa hauteur.
– Trouver l’inspiration pour un roman de gare? Prendre la température de ce bout de monde? Je ne sais plus non. La vérité?
– La vérité n’a pas de température. L’aventure, William, l’aventure. Huit mois passés à faire semblant d’être au service acharné de la vérité. Pour finir par devenir libres comme elles!, dit Stanley, en levant la tête pour montrer à William un vol d’oies sauvages.
Le jeune William n’avait jamais rencontré Livingstone non plus. Cela faisait pourtant huit mois que le Herald Tribune l’avait envoyé chercher l’explorateur au beau milieu de nulle part. Il avaient emmené des portraits au fusain du héros perdu et les avaient distribué dans les campagnes de l’est africain. Ils avaient longé les sources du Nil. Ils s’étaient habitués à la terre brûlée et au parfum du feu, le soir, pour faire fuir les bêtes. Ils avaient cherché dans les traits des femmes la vérité sur le « Continent noir » décrit par Livingstone dans son célèbre livre. En rêvant que l’amour avait peut être conduit leur homme à disparaître.– Savez‐vous ce qu’un chien regarde en premier chez un homme qu’il rencontre pour la première fois, William?
– Les mollets, Monsieur?
– Les yeux. Les chiens réagiront en fonction de votre regard, agressivement ou en agitant leur panache. Ça dépend de vos jolis yeux, William. Les hommes eux n’ont pas cette prudence quand ils rencontrent une femme pour la première fois. C’est fort dommage.
– Il n’y a pas de femme à des kilomètres ici, Monsieur.
– Je sais, William. Les deux hommes étaient perdus. Il n’y avait plus d’expédition, plus d’Angleterre, leur Angleterre s’était dissoute dans leur dernière ration de pain.
– Tu sais toujours pourquoi on est là? demanda Henry Stanley au jeune homme en ralentissant pour se retrouver à sa hauteur.
– Trouver l’inspiration pour un roman de gare? Prendre la température de ce bout de monde? Je ne sais plus non. La vérité?
– La vérité n’a pas de température. L’aventure, William, l’aventure. Huit mois passés à faire semblant d’être au service acharné de la vérité. Pour finir par devenir libres comme elles!, dit Stanley, en levant la tête pour montrer à William un vol d’oies sauvages.
Le jeune William n’avait jamais rencontré Livingstone non plus. Cela faisait pourtant huit mois que le Herald Tribune l’avait envoyé chercher l’explorateur au beau milieu de nulle part. Il avaient emmené des portraits au fusain du héros perdu et les avaient distribué dans les campagnes de l’est africain. Ils avaient longé les sources du Nil. Ils s’étaient habitués à la terre brûlée et au parfum du feu, le soir, pour faire fuir les bêtes. Ils avaient cherché dans les traits des femmes la vérité sur le « Continent noir » décrit par Livingstone dans son célèbre livre. En rêvant que l’amour avait peut être conduit leur homme à disparaître.

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