Histoire de l’espéranto

« Sur Nowy Swiat (Champs Elysées de Varsovie) j’ai espéré que le ciel nous parle,
Vieillards nus, âmes noires, 
Nous secouons la peau neigeuse de nos mémoires

C’étaient des cris, des guerres, hier des potences silencieuses,
Lingwe Uniwersala, à Kherson près de la mer Noire,
Une balançoire muette
Découpait le soir en bandelettes glauques
Cet égout dévisage nos ombres, gobelote les pavés
Ma création, tu verras, traversera l’éternité
Demain ces enfants, soldats, prostituées
Auront besoin de croire en leur âme massacrée —
L’esperanto a des ailes d’espoir forgées.

Une grammaire lisse comme la colline des Moineaux,
La ville de Moscou balbutie des voyelles ouvertes
Et ma cane impatiente attend son braséro
Vois ma poitrine fume, la mort n’est qu’une étape :
Les espaces immobiles de notre enfance,
Tu les as vus grandir ;
Las ! Les nuages s’étoffent, les cieux se poudrent,
L’orage couve,
La guerre approche. Le 20ème siècle s’assied dans l’antichambre de l’impatience

Moi je leur offre à mon âge un dernier souffle,
Une langue comme un ciel de cinabre ;
Frère vois-tu — je trouve
Que la vie était belle ; je la quitte en ami
Demain les hommes je l’espère, sauront trouver ce banc ;
Allons-nous en d’ici !
Avant que la mort étouffe ma prière et mon ombre

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