L’heure Indigo

Satish lança la feuille sur laquelle il avait écrit un poème dans l’air matinal. Le jeune prince balança ses pieds avec vigueur depuis le rebord de la plus haute des terrasses du palais où on l’enfermait depuis la mort de son père. Il devrait être le roi de Lasthan, à cette heure, pourtant il n’était qu’un prisonnier.
Jusqu’à ce qu’il retourne parmi les étoiles, le père de Satish s’était occupé à développer la culture de l’indigotier sur sa planète. Mais à sa mort, un gouverneur avide fut nommé pour faire la transition avant les dix-huit ans de Satish. Madame Elisha, qui détestait son nouvel emploi et avait décidé de remplacer les cultures d’indigotiers par des plants de pavots que la planète centrale lui achetait à prix fort, ne faisait que se conforter dans son amour de l’or.
A partir du pont-levis en contrebas de la terrasse où Satish écrivait des poèmes, s’étiraient désormais des champs de pavots ; leur seul rempart était une immense forêt en dégradé de noir et de bleu marine.
Cette forêt était le sujet de nombreux racontars. Le Colonel Mandarine, issu du corps militaire, chérissait particulièrement le récit qu’on lui faisait par exemple de « l’heure de l’indigo » : un groupe d’animaux au sang mêlé de sang humain existeraient qui, doués de sens commun, se réuniraient parfois dans la plantation d’indigotiers la plus éloignée du palais, près de la forêt, dans une heure hors de l’espace temps, afin de débattre des événements politiques.
Balivernes ? Du côté de la forêt, quarante-sept mètres après l’orée commence à s’élever une clameur. Commençons à nous en imprégner, avant de contester ce conte…
— Il jette des poèmes… est-on jamais arrivé à pire ? Pauvre garçon. Dire qu’on appelait ce monde avant l’arrivée d’Elisha la « planète au bleu étincelant ». La voix d’une biche aux longs cils émana de la forêt.
— On dira bientôt « Le laboratoire aux dix mille drogues ! » Et nous devons nous faire, de plus, au changement de fanion, car la fleur de lotus qui enveloppait l’ancien a été remplacée par une fleur de pavot, asséna un énorme pigeon en suçant une canne bariolée.
— Les insectes noirs heurtent les fleurs d’opium en croyant récupérer du pollen vital, puis ils meurent en tombant sur les chemins de terre battue, ajouta un cheval à tête d’homme.
Soudain, une féline âgée prit la parole. Elle était remarquablement jolie et bien proportionnée malgré sa forte corpulence. Son charme tenait surtout à un visage des plus réguliers constellé de nombreuses tâches de rousseurs. On l’appelait Bando.
— Ma petite soeur Alix est encore prisonnière. Satish a déclaré la guerre au gouverneur, mais il n’a que dix-sept ans. La situation est grave, aussi j’ai déclenché l’heure indigo pour essayer d’envoyer Satish au parlement défendre nos intérêts. Le pavot rapporte tellement d’argent… soupira Bando.

« Maudit soleil qui en tombant sur mes champs, donne à ce pays hostile une lumière grandiose », pensait Elisha au même moment.
— Pourquoi restons-nous sur cette planète hostile à nos idées, mon amour ?, lui demanda Jill, son amant, l’ancien palefrenier du roi. La musique de champs d’oiseaux, toujours plus rapide à cette saison parvenait au palais de fenêtres mal fermées, donnant à sa parole une cadence mal maîtrisée.
Dehors, un nombre incalculable d’hommes – ou des femmes, car on ne distinguait plus le genre sous leur habillage grossier constitué de plusieurs épaisseurs de foulards – s’affairaient méthodiquement à semer des graines de pavots. A droite, à gauche, et puis de nouveau à droite, à gauche. Des fleurs rouges, roses et blanches grandissaient de part et d’autre des chemins tracés par des tracteurs vrombissant.

***

« Il faut que je me rende à l’heure indigo. Ils doivent l’avoir déclenchée. Comment quitter le palais ? » Satish continuait à observer les lignes parallèles tracées par les champs depuis la terrasse. Il se détestait d’admirer malgré tout cette vision qui s’offrait à lui. Son regard se mit peu à peu à traîner comme l’espoir qui se perd ; petit à petit, dans une lumière déclinante de la fin de l’après-midi.

Alors, pendant que le prince rêvait, ahuri par les effluves d’opium, un claquement se fit entendre, tel le fouet asséné à un cheval retord. Satish n’avait pas le droit de sortir du palais. Il descendit tout de même par une gouttière hors du toit, et sauta à pieds joints. Il se tapit du mieux qu’il put derrière une arche de glycine blanche. Alors il vit un être comme lui, fouetté par des branches. Celles-ci s’abattaient en une scansion régulière, sur le dos de l’homme, sur son ventre, et sur ses cuisses. L’homme avait le visage dans un sac, mais de son être émanaient des gémissements de douleur. Satish sauta sur le bourreau sans hésiter. Il libéra l’inconnu. C’était une chatte.

— Je m’appelle Alix, lui dit la chatte. Suis-moi, et je te mènerais à l’heure indigo.

La nuit tomba comme une masse de plomb sur cet événement, et, plus tard au palais, les corps de deux autres êtres humains s’enlaçaient avec tendresse.
— Pourquoi cette vilaine cicatrice au visage, mon ami ?, susurra Elisha à son amant.
— Je me suis fait attaquer par votre Satish. Je le pensais drogué ! Empoisonnez-le ou envoyez-le à la mort dans cette maudite forêt ! Qu’importerait sa mort ? Il est un fléau qui ronge ce palais, mon amie, et je ne veux plus de lui ici, hurla Jill, tandis qu’Elisha appliquait sa main aux ongles longs et rouges sur sa joue balafrée et meurtrie par des égratignures récentes.
— Mais… et bien… il n’est qu’un enfant.
— Qui aimes-tu vraiment, moi, Satish, ou peut-être ton mari Arturo qui est parti depuis longtemps ?, dit Jill d’un ton narquois, en se levant tout nu du lit.
— Va-t’en ! gronda Elisha.
La tête du gouverneur tournait aussi, à cause des effluves d’opium. Elle rappela Jill, mais il ne revint pas. Elle fit apporter un miroir : pas une trace de tâche de rousseur n’apparaissait sur sa peau blanchâtre. « J’aurais tant voulu ressembler à Bando cette éblouissante sorcière de la forêt, se dit-elle dans un élan de découragement. J’aurais peut être pu garder l’amour d’Arturo… Oh, et puis, de toute façon, notre intermédiaire sur la planète centrale se moque de ce qui arrivera au garçonnet », conclua-elle en se curant l’oreille droite. A enlever : l’altercation avec le palefrenier nu de mes Mémoires, mais gardons le reste pour mes notes, se dit Elisha se demandant pourquoi elle avait, malgré son expérience, atterri sur cette planète de dimension modeste, tournant cette interrogation en rond :
— Improbable… Ai-je été trop laxiste lors de ma mission précédente ? Bien sûr que non, dit-elle tout haut.
Elle fit mine alors de s’asseoir, jambes mal pliées, sur un sofa crème rembourré, mourant de honte d’avoir pu être entendue. Elle soupira. Elisha laissa une fois de plus sa pensée dériver :
« Qu’un roi mort veuille déléguer le pouvoir non à moi mais à son fils Satish est une idiotie. Que le jeune homme prenne ce vœu au sérieux est pure folie de sa part. Je partirais dans trois ans, c’est le temps légal. D’ici là, pas moyen que je m’attache aux habitants et prenne leur vœux en considération. Le faire serait leur nuire d’ailleurs et… » 
Bando empêcha cependant Elisha de filer sa pensée en apparaissant de nulle part :
— Madame le Gouverneur, pourquoi ne pas enfin écouter la population ?
— Notre temps ici est provisoire. La drogue maintient la population dans l’obéissance, répondit son interlocutrice interloquée par l’apparition soudaine de la chatte.
C’est alors qu’un homme se détacha silencieusement du fond de la salle.
— Vous seriez bien plus belle sans ces pleurs qui ont perlé ce matin sous vos yeux Elisha. Je suis Arturo Hills votre mari, et physicien de formation, enchanté Madame, vous vous rappelez de moi ?, fit le nouveau venu, en s’adressant à Bando.
Elisha cria :
— Les scientifiques cherchent mais n’agissent pas. Etes-vous seulement au courant, Arturo, de mon plan d’utiliser le pavot à des fins militaires ?
— Oui, et c’est aussi pour cela que je compte détruire ces champs.
Elisha prit la parole :
— Vous savez que je fais surveiller la planète et Satish depuis les ordinateurs de mon palais. Il s’est enfui tout à l’heure. Partez dans la forêt, vous mourrez avec lui.
— Ma conscience me dit de vous quitter tant que vous n’agissez pas avec la vôtre.
Arturo sortit.
Il fit route vers la sortie.
Satish libre, lui, ne vole pas, il court, il décampe du palais dans lequel on l’a enfermé. Il atterrit sur le bitume d’une allée. Il traverse le plus vite possible les champs de pavots. A ses oreilles bourdonne le vent et le giflent les fines lamelles feuillues qui dépassent des extrémités des branches. Il s’arrête sous un châtaigner massif épuisé et se retourne pour laisser couler sa sueur. Autour de lui éparses, des têtes d’humains sont courbées pour la récolte du poison. La colère du petit prince gronde. Il commence à grimper à un châtaigner, s’égratigne de partout et songe alors à mourir, quand une voix vient le surprendre dans la première heure de sa liberté :
— Ce n’est pas ce que nous espérions pour le futur roi de Lasthan !
La voix reprit :
— Je me prénomme Arturo et je suis le physicien délégué sur votre planète. L’ancien mari d’Elisha. Disons que, comme vous, je viens d’être mis en situation d’exil. Je pensais…
Il s’épongea le front à cause de la chaleur.
— Le pavot n’est pas la seule graine cultivable. Nous l’utilisons par dépit mais j’ai cru lire dans d’anciens textes que d’autres graines pouvaient produire de la valeur chère à Elisha.
— Lesquelles ? demanda Satish.
— La femme que j’aime…, reprit le physicien, est mal conseillée ; elle pense qu’exiler ceux qui ont du bon sens est la meilleure façon de se sortir de ses ennuis. Elle a tort. Si je pouvais couper le cou de ce palefrenier qui la touche quand il le veut…
L’homme qui faisait face à Satish était blême à présent. Les deux personnages se toisèrent pendant quelques secondes. Il n’en fallait pas plus à Satish pour lui redonner goût à la vie.
Satish s’apprêtait à sauter de la branche sur laquelle il s’était perché, quand ils entendirent un miaulement. Une flèche fila devant leurs yeux et se planta dans le châtaigner. Alors Bando apparut et décrocha la flèche.
— Suivez-moi, dit la chatte. Voici l’heure indigo. L’heure quotidienne où les animaux qui ont été dotés de raison se réunissent pour débattre.
A un kilomètre de là, un hibou hululait. Mais comme personne ne semblait se soucier de lui, il finit par s’énerver.
— Quelle impolitesse !, balbutia-il. Le souffle lui manqua. Donner rendez-vous à cette heure à des convives de marque, et ne pas…
Une biche passant près du lui, avança calmement :
— Est-ce toi ce convive de marque ? Elle ricana gentiment. Voyez vous cela !
Pendant ce temps, les bogues de l’arbre sous lequel s’agitaient les prémices de leur échange, s’ouvraient toutes pour mettre leur grain de sel dans la discussion :
— Bando sera en retard, car vous le savez comme nous ; la ponctualité n’est pas la politesse des reines. D’ailleurs elle n’est pas vraiment reine, simplement l’âme de cette vieille étendue d’arbres et d’insectes.
Alix, la jeune sœur de Bando, se montra à son tour, et vint se joindre à la petite compagnie : « Faites-lui confiance… Si elle vous a appelés, elle viendra. »
Tout à coup, une des bogues se décrochant de sa branche, émit un son étrange. Non, pas un choc sur mousse roc ou gravier. Pas sur tête de hibou ou aile de vautour, ni sur une branche d’orme non plus. Un son étrange strident comme un râle… Les animaux, excepté le hibou toujours perché sur sa branche, s’étaient à présent regroupés en cercle. De la lumière bleue jaillit devant chacun d’eux. Et de l’endroit où était tombée la bogue, on entendit un autre bruit plus distinctement identifiable.
— Miaou ! Aie ! Bando entra dans le cercle en miaulant. Et toi hibou tu es venu aussi !, s’exclama-t-elle.
L’étrange féline, au visage humanoïde et aux oreilles droites, arracha un bambou du sol terreux. Elle s’en servit comme sarbacane pour atteindre le front du hibou insomniaque.
— Animaux de malheur ! Ecoutez-moi.
Bando continua :
— Je remercie les présents car l’heure est grave et je dois vous partager le secret qui m’a rongé les sangs au cours de mes sept vies précédentes. Voyez cette bogue qui m’est tombée sur la tête ? Elle renferme une graine encore plus difficile à extorquer, la folie des humains que nous évitons d’ordinaire ici dans notre forêt.
La biche, qui était restée muette jusqu’alors, fit suinter de ses lèvres ourlées un son délicat et policé.
— Leur folie s’accélère. Elisha a signé des papiers qui autorisent la destruction de cette dernière forêt, pour en faire des champs d’opium.
— Tu parles bien, Bando, mais à quoi bon nous réunir ? approuva Alix. Les biches meurent, les hommes aussi sont mortels, même la forêt mourra, ce n’est qu’une question de temps alors quoi, profitons de nos heures si ce temps approche où nous devrons rejoindre les étoiles. Le Hibou vola, en signe d’assentiment.
Le cheval à tête d’homme, s’irrita :
— Je veux tuer ces humains.
Bando dit :
— Je vous en amène deux représentants humains, tâchez, avant de les tuer, de leur demander leur point de vue, je crois qu’eux aussi sont en désaccord avec Elisha.
Elle poussa Satish qui s’avança, suivi par Arturo. Alix se jeta sur Satish, voulut l’étrangler mais il la repoussa violemment. Arturo lui, déconcerté par la vivacité du geste d’Alix, baissa les yeux. Il aperçut un pendentif brisé tombé du cou de Satish et l’attrapa
— Attendez, animaux, dit-il. Voici ce que je cherchais ! Une graine qui puisse remplacer le pavot et nourrir les hommes. Elle était à l’intérieur.
— Son père avant de trépasser, avait sûrement souhaité lui transmettre le goût de la Nature, dit la biche ébahie.
— Qu’est-ce que cette graine ?
Tous s’approchèrent du pendentif. Cette dernière commençait à pleurer, alors Satish prononça ces mots :
— Un grain de riz ! Je ne t’en veux pas, sœur de Bando. C’est ma mère qui m’a donné ce pendentif. Je crois qu’elle tenait à préserver les efforts de mon père au cas où les choses tourneraient mal sur Lasthan.

Arturo jubilait.
— Je retourne voir Elisha. Je sais qu’elle m’écoutera car un lien nous unit, plus fort que celui qu’elle entretient avec ce Jill. Je brûlerais mes anciennes recherches et lui expliquerait comment faire de cette planète un réservoir à riz pour la planète centrale, en conservant des serres pour les recherches du feu roi de cette planète.

***

Un mois plus tard, Satish eut l’occasion de s’exprimer au parlement. Il parla en ces termes :
— Je viens d’une planète célèbre pour sa lumière. Mon père y faisait pousser des plantes rares. A sa mort, le Gouverneur délégué sur ma planète a pris le parti de faire pousser du pavot. Mais il vaudrait mieux utiliser la spécificité de notre planète qui profite d’une des plus fortes lumières de la galaxie. Elle pourrait produire en serres la moitié des besoins en nourriture de votre planète, grâce à une graine connue depuis 10 000 ans que nous avons oublié : le riz, déniché dans un endroit appelé Perse par un gouverneur du nom d’Alexandre le Grand.
Bando qui était présente elle aussi, ajouta :
— Si vous continuez à développer du pavot, notre forêt sera détruite dans trois ans car les graines sont distribuées par les insectes de plus en plus loin jusqu’aux tréfonds des bois. Or, c’est dans cette forêt que vivent certains animaux rares, qui s’attellent à construire un monde nouveau ; mais mourraient hors de leur habitat. Nous avons à subir les décrets de votre planète, et nous l’acceptons, mais si vous voulez gagner une potentielle guerre un jour, écoutez-moi, ou mélangez vos larmes aux nôtres.
Le pigeon vint voler autour des parlementaires. Elisha apparut :
— Mon mari, le physicien Arturo Hills, m’a convaincue qu’investir sur le bien-être des habitants était le plus important.
— Mais, reprit Bando, il n’y a pas de menace de guerre de planètes orientales. La paix règne depuis que chacun se terre dans sa peur de l’autre galaxie dont elle dépend. Pourquoi toujours évoquer la guerre ?
Un des parlementaires la coupa :
— Partons du fait que les temps muent. Ce que nous appelons Orient, serait juste une vue de l’esprit ?
Alix répondit :
— Oui, qui nous fait penser que l’autre est à l’Est ou à l’Ouest. Les galaxies d’étoiles sont en perpetuelle mouvance dans l’espace.
Bando arriva et prit la parole :
— L’autre est devant soi : ni à droite, ni à gauche. Comme maintenant, dans une discussion d’égal à égal. Devant soi comme le futur que nous nous efforçons de sculpter afin qu’il laisse à nos enfants un socle sain.
Les applaudissements fusèrent.
Sur le chemin du retour, Bando prit Satish à parti :
— Satish grandissez ; et émancipez-vous de votre colère. Vous avez, je crois, Alix, comme Elisha a Arturo. Vous êtes désormais soutenu par la planète centrale, ce qui est un grand atout.
Satish prit la main d’Alix qui lui sourit.
Ils trouvèrent ainsi une nouvelle raison de vivre et une nouvelle conscience.

Quelques décennies plus tard enfin, Elisha à la retraite, en visite sur la planète centrale où elle était retournée après longtemps, comme le soleil palissait, s’épongea le front et s’adressant à Arturo :
— Oui mon amour, j’ai réfléchi à ce que vous me disiez il y a des années : il faut, en tout temps, choisir les graines qu’on sème, intuitivement et avec bon sens. Semer pour récolter le suc de la vie…
Au même moment au Lasthan, un cheval hennissant s’arrêta dans la terrasse d’un palais, pour regarder un vieil homme souriant qui lisait un journal en langue lasthanie. Des oiseaux en grappe s’envolaient hors du château d’arbres centenaires et venaient tourner autour du vieillard. Des rizières parvenaient l’éclat lumineux de grains de riz dorés.

— J’oublierais presque l’heure qu’il est à baigner dans ce plein soleil, dit Satish à Khoudan, son chien tapi près de lui. Une petite fille vint alors en courant lui annoncer que le goûter du roi était prêt. Mais lui, caressant le visage de sa petite fille parsemé de taches de rousseurs, la renvoya à l’intérieur. Il pensait à sa femme, à son visage irrégulier comme le chemin parcouru par tout homme ; puis il disparut, dès que la petite eut tourné le dos, dans un jaillissement de lumière bleue.

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