Le conformiste

Nous étions assis l’un devant l’autre :
Le professeur et le fasciste,
Deux amis happés l’un par l’autre.
Il me parla, mais bien trop vite
Comme une bulle d’eau ternie
Toutes mes promesses éclatèrent.
Nous étions dans sa patrie ;
Sa femme taquinait mon cœur,
La nuit tombait sur Vintimille,
Et devant les volets fermés
Une rumeur depuis la ville :
J’avais reçu l’ordre de le tuer.
La matin vint où cette amitié
Se changea en une menace
Alors ma main, sans l’écouter,
Déchira le rideau de glace
Des paroles de mon ami.
Un éclair traversa l’air morne :
Une décharge d’accompli.
Le sang en moi faisait ses gammes,
L’arrivée de ma femme, hurlant
Dans son grand manteau de fourrure
Avait quelque chose d’accablant
Un arrière-goût de déchirure.
Le temps a fini par rabaisser
Les paupières livides du jour.
Dans notre intérieur remboursé,
J’ai vu chuter Mussolini
Les jeunes italiens sont dehors,
Je les rejoins, je suis en vie 
Mais dans Rome fière de son sort,
Le sang coule de mon passé.

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