Les yeux de la mort


S’asseoir comme des enfants,
Dans le train de l’innocence 
Nos idéaux recroquevillés
Dans la paume de nos mains,

Les peupliers forment une masse sombre
La vitre reçoit les premières gouttes
Un soleil rouge chauffe nos sièges
Le conducteur a une moustache blanche

Les tickets sombrent sous les sièges
Les nuages vont couler dans cet océan de vitesse,
Sous cette tempête de buée
Nos voix se perdront comme des kilomètres effacés 

Mais ma poésie étirera ses rimes
Jusqu’à la prochaine gare
Inverness dort roulée en boule
Comme un chien épuisé

Dépasser le soleil de glace
Le train gagne une course étonnante
Contre la lumière de la vie
Notre ballade est sans retour


Dans le pré l’ombre d’un lévrier,
Evite les puits d’encre noire
Ils jaillissent de la terre
Comme des idées fraîches ; eux

Les hommes de papier ;
Ils entourent le train impersonnel
Des départs pétrifiés
Des départs azurés

Pour l’interligne des cieux
L’abîme nous tend ses bras laiteux
Et le train blêmit de fers enchaînés
En pénétrant les yeux de la mort


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