Kayig (langue Amis austronésienne / Français)


Le soleil rouge brûle le bronze d’un fohet (écureuil)
Cacay, tatosa, tatolo saspatTalacowa kona lalan hani
(où va cette route ?)
La région du lac du soleil et de la lune 
Un malonem (cerf) ourle mon papier
Son souffle chaud absorbe la rosée
De mes paroles
Un rarikah (mille-patte) transpercé par l‘ayam (oiseau) de mes mots
Et tapi dans l’ombre
Le sourire calme d’un tomay (ours)

Mes paupières éclaboussées de tagdal (lumière)
Lorsque l’île des Orchidée
Se dévoile,
Le vallée du rift oriental
S’imbibe des voiles du passé,
Et le ballon de namal (feu) s’éteint


C’est la nuit ;
Un enfant fait gicler sur le ciel total
Une interruption glottale :
Une langue Amis (du nord)
Ici le silence est dosé –
Masalaw (la pluie a cessé)


Kayig (jeune fille), délaisse ton encrier
Na mahalok kiso haw (as-tu diné ?)
Tes livres gonflent sur l’oreiller siliconé
De ton dix mètres carrés
Paris s’inonde de tes larmes
Prends un peu de kohi (café)
Viens dans ce pays,


Tgilen ko tolon no mako (écoute mes paroles !)
Negnegen kako ! (Suis-moi !)
Macidalay to (le temps s’éclaircit)
Viens voir où finissent les nuages 
Les portes de l’enfer ferment sur ton passage

Aujourd’hui – caay ho paso’lin kako ? (tu ne dors pas encore ?)
Un homme seul décore
Les autobus baignés de démocratie
Pinaay ko romi’ad no ccay a lipay hani ? (combien y a-t-il de jours dans une semaine ?)
Ci’atimla konini a waco (ce chien a des puces),
La déesse Dogi a déserté ce pays
Et les scies chantent la modernité
Dans les ciels dans mon sintiih (rêve)
L’odeur des cerises écarte mes narines


Les colons japonais ont piétiné les trèfles d’or
Une palissade de bambou et à l’entrée de mon village
Un adawag (haute tour de garde)
Flatté par les bruits du kilag (arbre)


Kiyag (jeune fille) tu sirote le coulis
De haricot rouge
D’un jour trop cuit
Le Yushan (Mont de jade) aspire le vin trouble
Du matin gris
Sur tes lèvres souples
Fa’det ko cidal kirami si’naw kako (le soleil est chaud mais j’ai froid)

Accompagne-moi jusqu’au bout de cet endroit
Dis-moi que dois-je faire ?
Mitoris to ciwcika (faire son signe de croix) ?
Caay pimisa (manquer la messe) ?
En ce qui me concerne
Mamakro kako (je vais danser)
Entonne avec moi
Une des langues de ce pays


Une fleur rouge danse
Derrière les fougères,
La flamme noire de tes yeux
Chasse ma mort
Et les moustiques violets
S’emparent de la volupté nuageuse


Kayig (jeune fille),
Takaraw ko lotok (la montagne est haute)
Pasiwaliay (vers l’est)
Si tu veux bien
Pasa’amis kako (je vais au Nord)
Là où le sanglier
Détruit le soir
En gémissant des litres de brouillard

Vois déjà,
A rebours de mes pas cadencés comme
Matdi ko folad (la lune brille)

La langue Amis est une langue austronésienne de Taïwan. La langue Amis (amis = nord) s’écrit en caractère latins. Elle n’est pas tonale, contrairement au chinois. Environ 200 000 locuteurs parlent Amis.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s