Utopie

Je marchais dans une rue banale
Pendue à ma forme pâle
Un fantôme aux allures de géant

Devant mon étonnement
Il m’a tendu un bouquet de fumée
J’ai fui sans le remercier

La pluie faisait rire les trottoirs
A grand renfort de claques trempées
Une brume poudrée glissait sur le ciel noir

Hanté par la largesse du démon
J’ai heurté un vide ordure
Rempli de son sang
La peur ruait dans mon aventure

Les Dieux planqués dans nos habitations
Mitraillent de leurs yeux sincères le monde de vivants
Arrachent d’un rire nos bâillons
Notre condition de croyants

Une fois ma frayeur passée,
Apercevant la devanture d’un antiquaire
J’ai attendu figé comme une seconde dans le temps
Que minuit jaillisse

Les ferrailles dispersées dans le châssis indélébile des édifices
Ont caressé mes vêtements
Un journal s’est retrouvé projeté
Sur le plomb lourd d’un lampadaire

Mes compatriotes ont surgi
Comme des apôtres paniqués
J’ai gratté la terre pour retrouver
Une rime trahie.

Crime de pureté dans le silence
J’ai tiré trois coups sur le soir
Je veux être là quand le ciel s’affaisse

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