Ce qu’un chat a pleuré (Français/Russe)

Omission du soleil pluvieux,

La nuit enveloppe sans cachet

Les décorums que la misère balaye.

L’humanité n’a-t-elle de grand que

Ce qu’un chat a pleuré ?
(Кот наплакал, Pas tellement)*

Pour que la religion étrangle nos cœurs véreux

Il suffirait d’un pont entre nos cieux ;

Mais la peur a de grands yeux
(У страха глаза велики, l’esprit exagère la réalité lorsqu’on a peur)

En attendant que le temps change au bord de la mer.
(Ждать с моря погоды, En attendant un futur qui ne venait pas)

Je marcherai sans relâche, sous le ciel victorieux

Les perce-oreilles accompagneront mes bottes

Dans la bruyère j’ourlerai la terre

Jusqu’à ce que ma voix porte

Le travail n’est pas un loup –

Il ne s’enfuira pas dans les bois
(Работа – не волк, в лес не убежит, expression utilisée lorsqu’on souhaite faire une pause)

Comme l’ours fuit l’escorte des voix

Des hommes ensilhouettés de leur seules lois

Faut-il aller voler des tomates en montagne
(На Кудыкину гору воровать помидоры, Aller quelque part)

Pour avoir la réponse à nos déraisons ?

Presser les longues fleurs de cocagne,

Les citrons glacés et juteux,

La où le chien est enterré ?
(Вот где собака зарыта, expression utilisée lorsque la racine d’un problème est trouvée)

S’asseoir au bord de la route
(Сядем на дорожку, S’asseoir sur sa valise est, selon la superstition, l’assurance d’un voyage réussi)

Embarrasser le monde de billets tamponnés ?

Permettez-moi de faire gicler mes doutes

Sur les bâches recouvertes d’insectes

Des piscines livrées à nos préjugés

Pendant un crawl hier, la pluie fouettait ma peau

J’ai bu le goût douteux de pêches trop macérées

De l’enfer de mes hôtes j’ai envié le bandeau

Qui masquait l’impureté à leurs yeux d’améthystes

Elle surplombe le fleuve grondant,

Une maison orchestre un récital triste

L’argent alourdit nos barques 

Quant à moi une sarafane* pliée m’attend
(*robe traditionnelle russe)

Le salon est minimaliste, ma robe sent l’été

J’allonge mon pas au rythme des saisons

En jetant de la poussière à vos yeux sombres
(Пускать пыль в глаза, Se vanter)

Je ne cracherai nul ciel turquoise

Mes paroles sont impies, et vos portes me sont closes,

Davaï !
(Давай, Allons !)

J’ai pris ce que je suis entre mes mains,
(Взять себя в руки, Se reprendre)

Le souffle du vent gonfle mes cernes

Parvenue au seuil d’un été entêtant

J’ai découvert ma nuque en arpentant la terrasse

Mon pied foulait une géométrie de fleurs,

J’ai crié sans ponctuation ni enthousiasme

En rattrapant un chapeau qui s’envolait

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